6 formats de rétrospective, et quand choisir chacun
Classique, Start / Stop / Continue, Mad / Sad / Glad, 4L, Speedboat, Kudos & Kaizen : ce que chaque format fait ressortir, et quand il sert le mieux.
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Le format d’une rétrospective, ce sont ses colonnes : les questions auxquelles l’équipe répond en écrivant ses cartes. Elles ont l’air d’un détail, et pourtant elles décident de ce qui sortira de la séance. « Ce qui a coincé » fait remonter des problèmes ; « Ce qui nous ralentit » fait remonter des causes ; « Ce qui a frustré » fait remonter des émotions. Changer de format, c’est changer d’angle.
Voici six formats éprouvés, ce que chacun fait ressortir, et la situation où il sert le mieux.
1. Le format classique
Le plus simple, et c’est sa force : personne n’a besoin d’explication. Il convient à une première rétro, à une équipe qui se forme, ou à un sprint sans événement marquant. La troisième colonne compte plus qu’il n’y paraît : elle oblige à proposer, pas seulement à constater.
Attention à : à force d’être utilisé, il produit des cartes génériques (« bonne ambiance », « trop de réunions »). Quand les mêmes reviennent trois fois, changez de format.
2. Start / Stop / Continue
Le format le plus orienté vers l’action : chaque carte est déjà presque une décision. Il est idéal après un changement d’organisation, l’arrivée d’un nouvel outil ou un sprint qui a mal tourné, quand l’équipe a besoin de repartir avec des comportements concrets.
Attention à : la colonne « Stop » peut viser des personnes plutôt que des pratiques. Reformulez en habitudes (« arrêter de valider en fin de sprint » plutôt que le nom de celui qui le fait).
3. Mad / Sad / Glad
Centré sur le ressenti plutôt que sur les faits. C’est le format à sortir quand l’ambiance s’est tendue, après une mise en production difficile ou une période de forte charge : il donne une place légitime à ce qui, sinon, se dirait dans le couloir. Il fait aussi apparaître ce qui va bien et dont personne ne parle.
Attention à : il demande de la confiance. Si elle manque, passez la séance en anonyme, et prévoyez du temps pour transformer les émotions en sujets concrets avant de voter.
4. Les 4L
Liked, Learned, Lacked, Longed for : le format des apprentissages. Il convient bien à la fin d’un projet, d’un trimestre ou d’une première version, quand on veut tirer des leçons plutôt que régler le prochain sprint. La colonne « Learned » est souvent la plus riche, et la plus rarement posée ailleurs.
Attention à : quatre colonnes produisent plus de cartes. Prévoyez un vrai temps de regroupement avant le vote.
5. Speedboat
Une métaphore : l’équipe est un bateau qui avance vers une île. Le vent la pousse, les ancres la retiennent, les rochers sont les risques à venir. C’est le seul des six formats qui regarde vers l’avant : il est précieux en début de projet, avant une échéance importante, ou quand l’équipe a perdu de vue son objectif.
Attention à : commencez par écrire l’île ensemble. Sans cap partagé, le reste du tableau ne veut rien dire.
6. Kudos & Kaizen
Célébrer, puis améliorer. Deux colonnes seulement, ce qui en fait le format le plus rapide. Les kudos donnent un moment à la reconnaissance entre collègues, que les autres formats noient souvent sous les problèmes ; le kaizen (l’amélioration continue, en japonais) garde la séance tournée vers un progrès concret. Idéal après un succès, ou pour une équipe fatiguée des rétros qui ne parlent que de ce qui va mal.
Comment choisir ?
- Première rétro, ou rien de particulier : le classique.
- Besoin de changer des habitudes : Start / Stop / Continue.
- Ambiance tendue, sprint éprouvant : Mad / Sad / Glad.
- Fin de projet ou de trimestre : les 4L.
- Avant une échéance, objectif flou : Speedboat.
- Après une réussite, équipe fatiguée : Kudos & Kaizen.
Le format compte moins que ce qui suit l’écriture des cartes : regrouper, voter, discuter des sujets choisis et en sortir des actions. Le déroulé complet est dans le guide pour animer une rétrospective agile .
Ces formats dans SquadRetro
Les six formats de cet article sont ceux que propose SquadRetro, avec leurs colonnes, leurs couleurs et leurs icônes déjà posées : le format se choisit au moment de créer la rétro, rien n’est à préparer la veille. Et si aucun ne convient, un facilitateur peut composer le format de sa squad à partir du plan Pro.